"Le fond de l'air est frais" (Fred, 1931-2013)
 

 

 

 

 

 

 




Le site de BERTRAND LEMONNIER


 

LES BILLETS DEPUIS 2008

 

Parution du livre "LES POSTES ET LA COMMUNE DE PARIS" (avril 2022)

 

 

 

A l'occasion de la "commémoration" des Accords d'Evian (mars 1962), quelques extraits de discours colonialistes et anti-colonialistes tenus sous les différentes républiques (IIIème, IVème, Vème).

Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-là. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l’industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité. Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez , cultivez, colonisez, multipliez.»

V.Hugo, discours au banquet de commémoration de l’abolition, 18 mai 1879.

«Nous pouvons dire à ces peuples sans les tromper que là où la France est établie, on l’aime ; que là où elle n’a fait que passer, on la regrette ; que partout où sa lumière resplendit, elle est bienfaisante ; que là où elle ne brille pas, elle a laissé derrière elle un long et doux crépuscule où les regards et les cœurs restent attachés. »

Jean Jaurès (1881)

Messieurs, il y a un second point, un second ordre d'idées que je dois également aborder, le plus rapidement possible, croyez-le bien : c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question. Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures… Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.

Jules Ferry à la Chambre, 28 juillet 1885.

«  C’est une loi générale non seulement à l’espèce humaine, mais à tous les êtres vivants, que les individus les moins bien doués disparaissent devant les mieux doués. L’extinction progressive des races inférieures devant les races civilisées ou, si l’on ne veut pas de ces mots, cet écrasement des faibles par les forts est la condition même du progrès» .  « La colonisation […] est un fait voulu, raisonné, propre aux seuls peuples civilisés » (…)  « Il semble que les nations supérieures en civilisation ont colonisé comme poussées par une force naturelle ». « Coloniser c’est […] éduquer les indigènes, les faire évoluer vers le stade de notre civilisation, […] peut-être faire naître des difficultés imprévues pour eux mais, en tous les cas, la barbarie primitive aura cédé devant la civilisation.

Arthur Girault,  Principes de colonisation et de législation coloniale, Paris, 1895


« Vous avez pacifié ; maintenant il faut administrer, soigner, instruire »,

Gallieni à Lyautey, Madagascar, janvier 1902.


«Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l’industrie»,

Léon Blum (1925)

« Nous, les Européens, gens de réflexion et de raison, nous éprouvons un besoin irrésistible de tout comprendre, d’être logiques, de tout réduire en système, d’écarter toute contradiction dans nos idées et dans nos croyances. Et nous procédons de la même manière quand nous cherchons à comprendre et à expliquer les notions religieuses – ou soi-disant telles – des nègres. Nous échouons : quoi d’étonnant ? Le nègre se contente d’idées plus vagues et ne se laisse pas incommoder par les contradictions flagrantes qui s’y trouvent. Il ne précise pas, il ne raisonne pas, il n’a pas de logique : il n’y regarde pas de si près […] ces nègres n’ont pas de théories. Ils n’ont même pas de convictions, ils n’ont que des habitudes, des traditions."

Raoul Allier, Le non civilisé et nous (1927)


« Désormais une immense plainte m’habite : je sais des choses et je ne puis pas prendre mon parti. Quel démon m’a poussé en Afrique ? Qu’allais-je chercher dans ce pays ? J’étais tranquille. A présent, je sais : je dois parler ».

A.Gide,  Voyage au Congo (1927)


« le mot de Colonisation […] risquerait de perdre tout sens vraiment précis, si l’on n’y voyait, en fin d’analyse, non point tant l’établissement de colons en pays soumis ou la subordination d’un pays à un autre que la prise en charge d’un groupement momentanément faible par un organisme plus fort, avec le dessein, plus ou moins égoïste, plus ou moins altruiste, de développer les ressources de ce groupement et d’élever son niveau de vie »

G.Hardy, Nos grands problèmes coloniaux (1929)


« Pourquoi donc suis-je ici ? Ai-je le droit d’y rester et d’y parler en maître ? L’acte de conquête qui m’a fait place en ce lieu n’est-il pas, en vérité, un acte de spoliation qui laisse une marque de tare originelle sur toute chose que j’accomplis ? Citoyen de la France républicaine, fils du pays qui fut le héraut de la justice, du pays qui, pendant un demi-siècle, ne cessa de protester contre la violation du droit commise sur lui en 1871, ne suis-je pas ici l’instrument de la force contre le droit d’autrui, et quelque sacré que me soit l’intérêt de ma Patrie, puis-je effacer devant lui la pensée qu’au regard de la morale supérieure cet intérêt n’a pas de fondement légitime ? » […] « L’honneur de la France est d’avoir compris, la première, la valeur d’humanité des races attardées et l’obligation sacrée de respecter et d’accroître cette valeur. La grande pensée de justice qui imprègne la tradition du pays de la Déclaration des droits de l’homme a repoussé le dogme cruel qui décrétait l’infériorité définitive de certaines races. Elle constate à coup sûr le retard de leur évolution, mais s’employant à en corriger les effets, elle s’efforce d’accélérer les étapes ; et dans l’argile informe des multitudes primitives, elle modèle patiemment le visage d’une nouvelle humanité 

Albert Sarraut, Grandeur et servitude coloniales (1931)

« La colonisation est légitime quand le peuple qui colonise apporte avec lui un trésor d’idées et de sentiments qui enrichira d’autres peuples ; dès lors la colonisation n’est pas un droit, elle est un devoir […] Il me semble que la France moderne, fille de la Renaissance, héritière du XVIIe siècle et de la Révolution, représente dans le monde un idéal qui a sa valeur propre et qu’elle peut et doit répandre dans l’univers. […] Le pays qui a proclamé les droits de l’homme, qui a contribué brillamment à l’avancement des sciences, qui a fait l’enseignement laïque, le pays qui, devant les nations, est le grand champion de la liberté, a, de par son passé, la mission de répandre partout où il le peut les idées qui ont fait sa propre grandeur ».

Maurice Viollette, discours devant la Ligue des Droits de l’Homme (1931)

«Faut-il que l’Algérie ferme la boucle de cette ceinture du monde en révolte depuis quinze ans contre les nations qui prétendaient les tenir en tutelle ? Eh bien ! non, cela ne sera pas, parce qu’il se trouve que l’Algérie, c’est la France»

François Mitterrand, 1954

« [Le colonialisme] est notre honte, il se moque de nos lois ou les caricature ; il nous infecte de son racisme [...]. Il oblige nos jeunes gens à mourir malgré eux pour les principes nazis que nous combattions il y a dix ans ; il tente de se défendre en suscitant un fascisme jusque chez nous, en France. Notre rôle, c’est de l’aider à mourir. Non seulement en Algérie, mais partout où il existe. [...] La seule chose que nous puissions et devrions tenter – mais c’est aujourd’hui l’essentiel –, c’est de lutter à ses côtés pour délivrer à la fois les Algériens et les Français de la tyrannie coloniale.

Jean-Paul Sartre , « Le colonialisme est un système » (1957).

«L’Algérie nous coûte – c’est le moins qu’on puisse dire- plus cher qu’elle ne nous apporte… Voici que notre grande ambition nationale est devenue notre propre progrès, source réelle de la puissance et de l’influence. C’est un fait, la décolonisation est notre intérêt et, par conséquent, notre politique».

Général de Gaulle  (1961)

 


 

On parle beaucoup ces jours-ci de l'élection présidentielle. L'occasion de relire mon billet sur le phénomène Coluche ?

 

La covid19 n'a pas (encore) dit son dernier mot même si les masques tombent...On pourra donc (re)lire mon billet consacré aux grandes pandémies du XXème siècle (grippe espagnole, grippe de Hong-Kong) et réactualisé (malheureusement...) en 2021.


Et toujours en ligne sur mai 68...

1. Février 1968

VERSION PDF

2. Mars 1968

VERSION PDF

3. Avril 1968

VERSION PDF

 

4. Mai 1968

VERSION PDF

5. Ete 1968

VERSION PDF

6. Après 1968 : que reste t-il de mai ?

VERSION PDF

 

 

Si vous souhaitez partager des liens, avoir des informations sur ce site ou laisser un mot :

Vous pouvez laisser

un message à cette adresse

Note : cette adresse est valide, sécurisée et ne contient pas de spams ou trackers.

Rejoignez moi aussi sur Instagram

 

 

 

 

 



 


 

 

 

© 2009-2022. Les sites berlemon.net sur la Toile depuis 1998!

 

hébergement OVH