Le site de BERTRAND LEMONNIER


LES BILLETS DEPUIS 2008

 

L'année 2021 marque le 150ème anniversaire de la Commune de Paris. En 1971, les commémorations du centenaire étaient restées modestes sous l'ère pompidolienne, en l'absence d'un maire élu de la capitale et d'un consensus politique (l'événement avait été surtout célébré par les communistes et les anarchistes, en ordre dispersé). A-t-on progressé depuis un demi-siècle ? Peut-on en 2021 parler plus sereinement de ce qui fut une sanglante guerre civile ? Comme l'écrivait François Furet dans sa Révolution française (2007, page 760) "Ainsi la dernière grande insurrection de la tradition révolutionnaire française est aussi celle qui a créé la plus grande peur et versé le plus de sang, comme si elle constituait l'ultime exorcisme d'une violence inséparable de notre vie politique depuis la fin du XVIIIème siècle. Dans ce Paris qui brûle, la révolution française fait ses adieux à l'Histoire." C'est un peu le "crépuscule des révolutions", le titre du beau livre de Quentin Deluermoz sur la période 1848-1871 (2012).


Aller directement vers l'étude des marques postales (partie 3, avril 1871)

Aller directement vers l'étude des marques postales (partie 2, mars 1871)

Aller directement vers l'étude des marques postales (partie 1, janvier-février 1871)


Merci d'abord à l'historien britannique Robert Tombs - le Paxton (anglais) de la Commune ! - d'avoir réécrit récemment (Paris, bivouac des révolutions, La commune de 1871 en 2014) cette histoire. Mais ce ne fut pas pour lui une promenade de santé universitaire et encore moins éditoriale dans le pays de la Révolution. En effet aucun "grand" éditeur français d'histoire n'a cherché à traduire en 1999 ce livre d'un professor of French History de Cambridge qui n'a pourtant rien d'un pamphlet libertaire. C'est en effet le "petit" éditeur Libertalia qui s'en est chargé, après avoir publié en 2013 La Commune n'est pas morte, Les usages politiques du passé, de 1871 à nos jours d'Eric Fournier et avant de rééditer en 2016 les Notes pour servir à l'histoire de la Commune de Paris en 1871 de Jules Andrieu, le chef du personnel de l'administration communale. L'ouvrage de R.Tombs se situe à la fois dans le sillage universitaire de J.Rougerie (le précurseur en 1971), de W. Serman (La Commune de Paris chez Fayard en 1986) et même d'A.Corbin (avec une écoute plus "sensible" et régionaliste des Communards, qui rejoint celle de Stéphane Trayaud dans Les Limousins de la Commune de Paris, Au Petit Editeur (!), 2012) et dans celui d'une riche tradition anglo-saxonne d'études sur le 19ème siècle français. A dire vrai, Tombs n'était pas tout à fait un inconnu et il avait déjà été traduit en français, ainsi La Guerre contre Paris, 1871 (aux éditions Aubier, 1998).
La France aurait-elle un problème avec sa mémoire communarde, tout comme avec sa mémoire coloniale ou avec celle de la période de Vichy ? Mémoires plurielles et conflictuelles, certes, mais faut-il attendre que les Anglo-saxons défrichent les jachères de notre histoire - et encore, à la condition de diffuser leurs travaux dans notre langue ?! Je pense notamment au livre de Roger V.Gould, Insurgent Identities: Class, Community and Protest in Paris from 1848 to the Commune (Univ. of Chicago, 1995), à celui de S. Hollis Clayson, Paris in Despair: Art and Everyday Life Under Siege (1870-71), Univ.of Chicago 2002, ou encore de Martin P. Johnson, The Paradise of Association: Political Culture and Popular Organizations in the Paris Commune of 1871 (Univ. of Michigan Press, 1996), de A.Boime, Art & the French Commune - Imagining Paris after War & Revolution (Univ.of Princeton, 1997), de David Barry, Women and Political Insurgency, France in the Mid-Nineteenth Century (Univ.of Durham, Macmillan 1996). N'en jetez plus ! Y a-t-il autant d'historiens français qui ont travaillé sur la civil war américaine (1860-1865) ?
Lors de la célébration du centenaire de la Commune en 1971 - nous étions donc alors dans les années Pompidou - on aurait pu envisager un revival et le début d'une nouvelle entreprise historiographique autant que mémorielle. Dépouiller les nombreuses archives encore enfouies, écrire des thèses d'Etat et pourquoi pas au passage débaptiser quelques rues Thiers au profit de rues Gustave Courbet ou de rues Louise Michel...! Ce fut plutôt un chant du cygne (E.Fournier). Le Parti communiste a très largement occupé le terrain communard, ce qui a eu pour conséquence, selon certains militants anarchistes/trotskystes, d'en faire - durablement - un domaine historiquement sinistré. C'est bien possible. Jacques Duclos fut l'artisan d'une mobilisation politico-historique, qui voulait faire un peu oublier les errances et les désillusions de mai-68. On pouvait lire dans l'Humanité du 24 mai 1971 : "Paris, hier, célébrait sa Commune. On a toujours dit qu'elle n'était pas morte. Chacune des cent années qui se sont écoulées depuis que tomba la dernière barricade a bien prouvé que c'était vrai. Cela semblait hier plus vrai que jamais. Il y avait de la République au Père-Lachaise tant et tant de drapeaux qu'ils faisaient comme une longue écharpe écarlate, avec des taches de bleu et de blanc : les drapeaux du socialisme et les drapeaux de la nation que tenaient les mêmes mains, les mains solides de la classe ouvrière, les mains nerveuses de la jeunesse". Marx ayant consacré une célèbre brochure en anglais aux événements parisiens (The civil war in France, 1871), enrichie vingt ans plus tard par Engels, les pays communistes ont de leur côté célébré la Commune, multipliant notamment en 1971 les émissions de timbres-poste. En pleine guerre froide, les pays occidentaux n'ont pas relevé le défi (et encore moins la France) !

De son côté, Emmanuel Fleury relança pour l'occasion l'Asssociation des Amies et Amis de la Commune, un groupement qui existe depuis 1882 (la Société fraternelle des anciens combattants et des amis de la Commune) et le retour des bannis. [Cette association publie aussi un bulletin trimestriel, souvent d'un réel intérêt historique]. Mais ce qui a été le plus marquant en 1971, ce furent d'une part le succès populaire de la chanson de Jean Ferrat sur La Commune et d'autre part la synthèse publiée au Seuil par Jacques Rougerie, Paris libre 1871. Jean Ferrat n'a jamais caché ses sympathies communistes mais il n'en reste pas moins que cette chanson - composée par Ferrat et écrite par Georges Coulonges à la gloire des Communards mais aussi hommage à Jean-Baptiste Clément - a permis une authentique redécouverte de ce drame national, bien au-delà des opinions partisanes. Quant à Jacques Rougerie, il est devenu après la publication de Paris libre (réédité avec une nouvelle préface en 2004) l'un des rares spécialistes français de la Commune. C'est aussi en 1971 que Bernard Noël a publié son Dictionnaire de la Commune, réédité en 1978 puis en 2001 mais jamais vraiment remplacé. N'oublions pas non plus le Maitron, lequel propose d'ailleurs en ce début 2021 un très bel et monumental ouvrage coordonné par Michel Cordillot (La Commune de Paris, 1871, les acteurs, les événements, les lieux aux éditions de l'Atelier) ainsi qu'un parcours interactif de la Commune sur le site Internet de son monumental dictionnaire biographique du monde ouvrier.

Depuis une vingtaine d'années, on ne peut pas dire que la Commune ait beaucoup fait parler d'elle. On est entré selon E.Fournier dans le temps de l'apaisement mais aussi du déclin. Il est vrai que, depuis 150 ans, l'historiographie de la Commune est impressionnante - 5000 entrées dans la Bibliographie critique de la Commune de Paris de Robert le Quillec, 2006 - mais elle est restée assezconfidentielle et les nouvelles pistes de réflexion trop rares dans nos universités ou alors non publiées (voir la liste édifiante dans la bibliographie de R.Tombs). Bien sûr, il y eut quelques colloques remarquables, ainsi celui de Narbonne en mars 2011 ("Regards sur la Commune de 1871 en France. Nouvelles approches et perspectives"). Les synthèses les plus récente - en dehors du livre de R.Tombs - marquent peut-être le temps d'un renouveau historiographique, ainsi Quentin Deluermoz, qui a publié en 2020, Commune(s), 1870-71 (Seuil), un livre qui élargit les perspectives communardes, du local (les quartiers de Paris) au transnational. Oui, la Commune est bien un phénonème global, à la fois dans l'espace et dans le temps  - on pense à l'influence des communes médiévales et aux ramifications internationales du mouvement communaliste.

Malgré tout, les manuels scolaires ont longtemps été le reflet d'un relatif désintérêt sinon d'une incompréhension de l'événement. Autant l'histoire de Vichy et de l'occupation allemande ont été sérieusement révisées à la lecture de Paxton, Marrus, Azéma, Rousso, Baruch (etc.), ainsi que celle de la colonisation (Pascal Blanchard et bien d'autres) autant celle de "l'année terrible" (1870-71) n'a pas connu de grand bouleversement. "Le 18 mars 1871, Paris, qui a voté socialiste et anarchiste, se dresse contre l’Assemblée. Des élections municipales désignent le Conseil général de la Commune qui prétend (sic) instaurer une République sociale. Retirés à Versailles, le gouvernement et l’Assemblée envoient une armée, commandée par Mac-Mahon, écraser les communards (21 au 28 mai)", telles sont les cinq lignes qui "résument" la Commune dans un manuel Hatier de 1ère en 2007...Certes, il ne faut pas généraliser. Les manuels les plus récents (le Nathan 1ère 2019 par exemple) sont plus attentifs aux problématiques que soulève la Commune (ainsi les formes de la démocratie), mais il reste un véritable travail pédagogique à accomplir à destination des jeunes générations.
Il y eut certes quelques expositions et des films pour maintenir le souvenir communard. Il se tint en 2001 à l'Assemblée Nationale, sous la responsabilité de son président Raymond Forni (un PS un peu atypique, originaire de Belfort) une présentation hétéroclite qui mêlait archives et peinture contemporaine (Monory, Pignon-Ernest, Fougeron entre autres) : "On débattra toujours de la Commune écrit alors Forni ; les uns pour y voir la déraison et le crime ; les autres pour y reconnaître la liberté et la résistance à l’ennemi ; mais aucun pour soutenir que ce fut un événement mineur. Rarement période si brève (une soixantaine de jours) donna lieu à tant de polémiques, encore vives aujourd’hui".
Dix ans plus tard, plusieurs expositions furent organisées par la Ville de Paris, sous la direction de l'historien Jean-Louis Robert - à l'Hôtel de Ville puis au Réfectoire des Cordeliers - en mars/juin 2011, à l'occasion du 140ème anniversaire. Il n'y eut malheureusement aucune publication d'un vrai catalogue (alors que le moindre artiste y a droit lorsqu'il expose au Palais de Tokyo !). Ces rétrospectives montraient notamment comment la Commune a été instrumentalisée dès son écrasement par les Versaillais, notamment à l'aide de l'image (photographies truquées, images des ruines à destination des "touristes" venus de l'Europe entière constater les dégâts occasionnés aux bâtiments parisiens). Le livre de Bertrand Tillier, La Commune de Paris, révolution sans image ? - Politique et représentations dans la France républicaine, 1871-1914, Champ Vallon, 2004, constitue sur ce plan une stimulante approche d'histoire de l'art et des représentations culturelles (le rapport complexe de la Commune aux images - photographie, peinture, sculpture - celle-ci étant littéralement "rejetée de l'art"). A cette exposition, il faudrait aussi adjoindre quelques belles réussites littéraires et artistiques à propos de la Commune : Le cri du peuple de Jean Vautrin illustré par Tardi (2004, réédité récemment), le roman graphique Les damnés de la Commune de Raphael Meyssan (2017), le film-fleuve (près de 6 heures) très didactique mais hors norme de Peter Watkins, La Commune (Paris, 1871) en 2000. Mais oui ! Encore un Britannique iconoclaste, qui a su s'affranchir des mythologies révolutionnaires pour proposer un discours actuel sur la Commune ! Un réalisateur français aurait-il pu avoir cette audace, très éloignée des reconstitutions dites "historiques" ? (sur la filmographie complète de Watkins et de la Commune, voir cette page, l'un des autres films importants est celui de Ken McCullen en 1990, 1871, avec Maria de Medeiros si mes souvenirs sont bons).


Aujourd’hui, les historiens libéraux qui veulent réconcilier Marx et Tocqueville (ainsi Pierre Rosanvallon autour d'idées vaguement autogestionnaires) tendent à considérer que l’idée démocratique moderne est justement faite d’imperfection, de consensus et d’équilibre relatif, ce que la IIIème République va construire – contre l’utopie communarde - de 1871 à la fin du siècle. Mais ne peut-on pas voir autrement le problème et considérer que la démocratie vient du bas et non du sommet et que c’est là tout le problème. A l'heure des gouvernances mondialisées, il y a peut-être la place pour des formes de pouvoirs plus proches des réalités locales. Démocratie directe, démocratie communale, rien de fondamentalement nouveau, bien sûr : il y eut la "démocratie populaire" (A.Soboul) de l'an II, les délégations parisiennes auprès du gouvernement provisoire de février 1848, autant de moments éphémères. La IIIème République, pas plus que les républiques suivantes, n’ont su et pu, n’ont voulu sortir du moule centralisateur napoléonien. L'histoire de Paris depuis 1870 confirme bien cette analyse : plus de maires élus (les derniers furent Etienne Arago et Jules Ferry), retour du pouvoir politique et des assemblées à Paris en 1879, virage à droite de Paris à l’époque du boulangisme puis au tournant du siècle (vers 1900-1902). Il faut attendre 1977 pour que Paris se dote d’un maire élu (Jacques Chirac) et 1982 pour que soient créés de véritables mairies d’arrondissements…L’élection d’un socialiste à Paris en 2002 fut en son temps un événement politique, car c'était un retour à gauche de la capitale, confirmé d'ailleurs en 2014 par l'élection d'Anne Hidalgo, qui succèdait à Bertrand Delanoé. En 2016, le mouvement "Nuit debout" a multiplié les références à 1871, rebaptisant la Place de la République place de la Commune et offrant à Marianne le drapeau rouge des fédérés. Il faut dire que la Commission du travail de la Commune, sous l'influence de Léo Fränkel  (ouvrier-bijoutier d'origine hongroise), a commencé à légiférer sur le travail : salaire minimum imposé aux fournisseurs de la Commune, durée du travail à 10 heures dans les ateliers d’armes, suppression des amendes et retenues sur salaires, interdiction du travail de nuit des boulangers... En 2019, quelques "gilets jaunes" (pas tous...) ont cru bon de ranimer quelques vieux slogans communards (la Revue des deux mondes en avait fait son éditorial en mars 2019).

Enfin, voici quelques semaines (en février 2021), lors du Conseil de Paris, le clivage droite/gauche s'est ravivé lors d'une discussion sur les subventions aux "Amis de la Commune". Tel un défenseur de la mémoire de Monsieur Thiers, le LR Rudolph Garnier a rappelé la violence des "incendies de la Commune" et a contrario il a évoqué la grande souscription nationale qui a permis la construction de la basilique du Sacré-Coeur (classée momument historique...seulement en octobre 2020!), accusant la maire de Paris d'instrumentaliser le souvenir de la Commune - et les manifestations qui s'y rattacheront en 2021 - au profit de son projet présidentiel d'union des gauches. Un classique de la politique "à l'ancienne" et une division municipale qui fait un peu peine à voir.


Les ruines de l'Hôtel de ville incendié. Photographie d'époque. coll.part.

Pourtant, les mémoires de la Commune finissent par quitter, non sans bizarrerie d'ailleurs, le domaine exclusif des gauches et le lieu symbolique du mur des Fédérés au Père-Lachaise (cf.Madeleine Rebérioux dans Les Lieux de mémoire, t.1, Paris, Gallimard, coll. "Quarto", 1997, p. 535-558) pour devenir une "mémoire communale" partagée et...parisienne - rappelons qu'il y eut d'autres Communes en France (Lyon, Marseille, Narbonne, Limoges, Le Creusot) et même à Alger. Le 19 avril 2000 fut ainsi inaugurée par Jean Tibéri - un maire qui n'avait pas vraiment le profil communard ! - une (petite) place  de la Commune-de-Paris, dans le XIIIe arrondissement, au coin de la rue de l’Espérance et non loin du siège de l'Association des Amies et Amis de la Commune. Une association devenue vingt ans plus tard la bête noire d'une droite parisienne qui ferait presque regretter Jean Tibéri.



Le 4 juin 2003, invoquant la mémoire de Georges Clemenceau, qui avait été maire  de Montmartre jusqu’au 26 mars 1871, et rappelant sa définition de la Révolution comme un bloc (la Révolution française, pas la Commune), le président du Sénat Christian Poncelet, un gaulliste dit de gauche, posait dans les jardins du Luxembourg, une plaque à la mémoire des insurgés de la Commune et déclarait :
« Aujourd'hui, […] le Sénat, la Nation assemblée, réintègrent symboliquement dans le corps, dans le bloc de l'histoire nationale et de notre conscience républicaine les insurgés de la Commune, victimes de dénis multiples et nombreux dans leurs sanglants sacrifices. […] (Ils) ont toute leur place dans le bloc de notre histoire nationale.[…] Par ce geste symbolique, le Sénat leur rend aujourd'hui justice. ». Et le 29 novembre 2016, l'Assemblée nationale adoptait une résolution (ou "petite loi"), reprenant les attendus de celles de 1879 et 1880 qui amnistiaient les Communards et ajoutant ces quatre articles :

Considérant que les lois d’amnistie partielle de 1879 et d’amnistie totale de 1880 n’ont pas permis de réhabiliter l’ensemble des victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871 ;

1. Estime qu’il est temps de prendre en compte les travaux historiques ayant établi les faits dans la répression de la Commune de Paris de 1871 ;

2. Juge nécessaire que soient mieux connues et diffusées les valeurs républicaines portées par les acteurs de la Commune de Paris de 1871 ;

3. Souhaite que la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques ;

4. Proclame la réhabilitation des victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871.


Il y aurait donc une nouvelle lecture républicaine (et modérée) de la Commune, incluse désormais dans le "bloc" révolutionnaire français (1789-1795, 1830,1848, 1871...bientôt 1968?). Adolphe Thiers va t-il sortir de sa tombe...du Père Lachaise pour rejoindre, non loin de sa sépulture, les 147 fédérés ? Jules Vallès va t-il rentrer au Panthéon en compagnie de la "pétroleuse" Louise Michel (mais 489 voies et 190 établissements scolaires portent son nom, elle n'est pas devenue une pestiférée) ? Comme le rappelle opportunément Ludivine Bantigny dans La Commune au présent (2021), "la distance dans le temps ou l'espace émousse le tranchant des engagements et l'acuité même de l'histoire : comme si on n'y voyait plus bien, comme si tout était lisse et policé (...) quand c'est loin, les révolutions, c'est très bien". Et c'est même devenu vendeur. La Commune de Paris eut ainsi entre 2009 et 2020 sa boutique "branchée" (et chic) de chemises, vestes et T-shirts, mais la boutique a - en cette année du 150ème anniversaire "tiré son irrévérence".


Mais peut-être le dernier mot (?) revient-il aux situationnistes de Guy Debord : «Tout le monde a su faire de justes critiques des incohérences de la Commune. […] il est temps de considérer la Commune non seulement comme un primitivisme révolutionnaire dépassé dont on surmonte toutes les erreurs, mais comme une expérience positive dont on n'a pas encore retrouvé et accompli toutes les vérités » (Internationale situationniste, septembre 1969).

©Bertrand Lemonnier, version revue et corrigée, 15 février- 15 mars 2021



Détournement situationniste d'un tableau Pop art de Roy Lichtenstein

 

Le site Berlemon.net ne proposera pas en 2021 une "nouvelle histoire" de la Commune. Je renvoie les lecteurs à Robert Tombs, dont l'ouvrage est exemplaire ou à celui de Quentin Deluermoz. Je me contenterai de parler de ce que je connais le mieux en l'état : les postes avant, pendant et après la Commune de Paris (de janvier à décembre 1871), à travers des documents d'époque, essentiellement marcophiles [marques postales] et philatéliques.

lire la version pdf. (imprimable)

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PARTIE 3  : AVRIL 1871



Cette lettre écrite le 4 avril 1871 à Paris a été envoyée par un homme à son épouse et sa fille, à qui « on me fait espérer que cette lettre va pouvoir vous parvenir ». Il précise que "les relations avec la province sont interrompues". La lettre en question n'est en effet parvenue à Alençon (sa destination) que le 29 mai 1871, soit à la fin de la « semaine sanglante » et de la Commune.

Le début du mois d’avril est pour la Commune de Paris le temps de toutes les espérances mais les difficultés liées au blocus postal limitent les possibilités d’épanouissement de l’expérience communaliste. De plus, tous les Parisiens ne sont pas des « fédérés » et beaucoup s’inquiètent d’une situation qui entrave le libre-échange et le commerce. La guerre des communications est bien au cœur de l’affrontement  entre Paris et Versailles.

Albert Theisz, le nouveau directeur des Postes à paris (lire la partie 2) a formé un conseil des postes
ayant voix consultative, composé du directeur général, de son secrétaire, du secrétaire général, de tous les chefs de service, de deux inspecteurs et de deux facteurs-chefs. Il fait aussi rouvrir l’ensemble des bureaux de poste. Mais au début avril, le courrier n'est pas distribué, les timbres manquent, les lettres envoyées de province n’arrivent pas à leurs destinataires. Le Père Duchêne se fait l'écho de la colère des usagers : " Si la poste ne peut envoyer des lettres, elle pourrait le dire, tout simplement ". Theisz dénonce le blocus Versaillais : "Que la responsabilité retombe sur ceux qui ont eu recours à ces manœuvres criminelles. Quant à nous, nous ferons tous nos efforts pour réorganiser le service postal" et répond en ces termes aux mécontents dans le Journal officiel du 26 avril : " Toutes les lettres confiées à l'administration ont été expédiées ; le gouvernement de Versailles est seul responsable de celles qui ne sont pas parvenues…C'est lui qui a fait enfermer et mettre au secret plusieurs de nos courriers aussitôt remplacés par de courageux citoyens". De fait, le courrier à destination de Paris est dérouté vers Versailles. La ligne de chemin de fer du Havre s’arrête à Maisons-Laffitte et un service de voitures est organisé. Les lettres et journaux en provenance du Midi arrivent à Versailles par la ligne du Mans. Cette ligne dessert aussi tout l’Ouest de la France. Quant à la ligne de Lyon, les wagons ambulants s’arrêtent un peu en dessous de Fontainebleau et gagnent la ligne d’Orléans.

A Versailles, Germain Rampont-Léchin conserve sa charge de directeur des Postes à Versailles et bloque délibérément le courrier, décidant par exemple de ne pas payer les mandats émis à Paris. Les commerçants et industriels parisiens s’inquiètent et Thiers refuse tout compromis. Il est urgent pour la Commune de relancer d’une façon ou d’une autre le service postal à Paris et de maintenir la continuité du service public.

Plusieurs solutions sont envisagées. Celles qui ont permis à Paris de communiquer pendant le siège, en l’occurrence les « ballons montés » sont étudiées mais ne peuvent aboutir (lire parties 1 & 2).  Les aéronautes Gabriel Mangin et Louis Mutin-Godard ont bien ramené à Paris une trentaine de ballons qui doivent servir aux observations de l’ennemi (versaillais cette fois) mais ils ne serviront ni au courrier ni à l’espionnage.

Il faut surtout faire face au manque de timbres et aussi de matériel oblitérant. On recourt alors à l'affranchissement en numéraire (griffe PP : port payé) ou l’on se dispense d’affranchir la lettre (elle est alors taxée de 20 ou 30 centimes faute d’un timbre à 10 ou 20 centimes).  De même le timbre est annulé par divers moyens, à la plume ou à l’aide des cachets disponibles et pas toujours réglementaires (parfois des cachets de la poste maritime).


Lettre locale (Paris pour paris) en Port Payé le 17 avril faute de timbres à 10 centimes. Musée de la poste

Lettre de Paris pour Lille le 12 avril 1871 non affranchie et taxée à 30cts au tampon. coll.part.

Il est brièvement question d’imprimer  des timbres « Commune de Paris » non pour des raisons idéologiques mais pour compenser l’absence de timbres. Toutefois Zéphirin Camélinat, le  directeur de la monnaie, découvre le 22 avril dans  l'Hôtel de la Monnaie 636 000 timbres de 1 centime, 4 200 timbres de 4 centimes, 645 000 de 10 c. et 79 500 de 80 centimes… à l’effigie de Napoléon III. Il met aussi la main sur des planches plus récentes dans l'atelier d'un ouvrier travaillant pour l'Hôtel de la Monnaie. La Commune fait alors imprimer sur un papier jaunâtre de qualité médiocre (des ballots de papier ont été rapportés d’Angoulême par un homme de confiance)  les timbres-poste dits du siège de Paris (à l’effigie de la Cérès) émis en octobre 1870. C’est particulièrement le cas du 20 centimes bleu, appelé « tirage de la Commune » et que l’on peut trouver encore sur lettre jusqu’à l’été 1871. Selon Arthur Maury, plus de 14 millions de timbres-poste ont été imprimés par les délégués de la Commune du 20 avril au 23 mai.


Si Camélinat a émis des pièces de 5F en argent au type Hercule (75000 pièces frappées) pendant la Commune, il n’y a donc pas eu de véritables émissions monétaires estampillées « Commune de Paris », pas plus en définitive d’émissions de timbres-poste légendés  « Commune de Paris ». Le temps a manqué mais il est fort possible qu'une poste communale aurait imprimé à terme des timbres spécifiques ou modifié les légendes.


Il existe toutefois des vignettes dites de fantaisie imprimées en 1871 à Versailles, ainsi que des exemplaires non dentelés au type Cérès (différentes valeurs et couleurs de 1 centime à 80 centimes), dont la provenance est discutée. Ces Cérès "commune de Paris" ne sont pas des essais officiels mais très probablement des forgeries d’Arthur Maury réalisées après l’épisode communard (Maury ne signale dans son Histoire du timbre-poste français que le type blason de Paris, réalisé en 1871 à Versailles par un collectionneur privé). En revanche, on trouve de nombreux cachets de la Commune pour toutes sortes de documents et papiers officiels, mais sans utilisation postale spécifique (laissez passer par exemple, papiers militaires), en dehors peut-être des télégrammes.

                            


Il s’agit aussi pour la nouvelle administration postale de développer une politique sociale qui donnerait aux facteurs l’envie de travailler pour la Commune. Le Cri du peuple de Vallès révèle, le 18 avril, que Rampont toucherait la somme de 71 000 francs par an comme émolument ! Le salaire des facteurs se situant dans une fourchette de 800 à 1 000 francs par an, une mesure est prise pour qu'il n'y ait pas de salaire inférieur à 1 200 francs et, par décret du 6 avril, la Commune limite à 6 000 francs leur montant maximum, réduisant ainsi considérablement l'écart dans la hiérarchie des salaires... Dans un rapport du 23 avril, apparaît la notion de " minimum de rémunération ", promise à un bel avenir. De plus, la Commune décrète le 4 mai l'interdiction des cumuls de traitements.

Theisz pense aussi à améliorer les conditions de vie des salariés. En accord avec la Commission du travail et de l'échange dont il est membre, il supprime une tournée de facteurs pour alléger la journée de travail. Enfin, la Commune fait disparaître le " Cabinet noir ", hantise des Parisiens dont la correspondance était lue et bloquée par la police sous le Second Empire mais qui existe en fait depuis l’Ancien régime. En 1848, le directeur des postes Etienne Arago - celui qui introduit le timbre-poste en France - se souvient de cette officine de censure postale qui reprendra du service sous Napoléon III : «mes regards découvrirent un reste immonde du Cabinet-Noir de la monarchie, fonctionnant encore, à l'insu des ministres de la République, dans les bas-fonds de deux ministères, ténébreuse succursale qui fut supprimée... tout le temps du moins de mon administration».

Faute de matériel et de moyens, confrontée au blocus, la Commune doit paradoxalement accepter de mener une politique plus libérale, en encourageant les initiatives individuelles car il est crucial de pouvoir communiquer avec la province et l’étranger. À partir du 15 avril, des agents auxiliaires sont désignés pour aller plusieurs fois par jour déposer du courrier dans les boîtes à Saint-Denis, Vincennes, Charenton, Maisons-Alfort, Créteil et même Meaux.  « On envoyait des agents secrets jeter du courrier dans des boîtes des bureaux à dix lieues à la ronde » raconte Theisz. On peut aussi compter sur les (rares) voyageurs qui sortent de Paris et sur les banlieusards qui déposent – en dépit des contrôles – des lettres dans les boites parisiennes.


Un exemple parmi d'autres de l'adaptation des entreprises parisiennes pour expédier leur courrier. coll.part.

L’agence de presse Havas, qui avait pendant le siège utilisé des pigeons voyageurs et expédié ses dépêches par ballons est contrainte de faire partir ses correspondances (écrites à Versailles) de Saint-Denis et non plus de son bureau parisien de la rue J-J Rousseau.

Lettre à en-tête de l’agence Havas affranchie à Saint-Denis (cachet du 17 avril 1871 et GC 3568) à 20 cts (2x 10cts laurés) pour Lyon. Nom et adresse occultés. La lettre contient la correspondance Havas datée de Versailles, le 17 avril 1871. coll.part

C’est le système D à toutes les échelles mais la commune légifère dans un sens à la fois dirigiste et...libéral.

COMMUNE DE PARIS
Délégation des Finances


Considérant qu'il est du devoir de l'Administration de fournir à tous les citoyens de Paris les moyens de correspondre avec les départements et l'étranger ; 
Que dans les circonstances présentes, les obstacles que le Gouvernement de Versailles oppose au Service des Postes (arrestations de courriers, saisies de dépêches, etc.) obligent la Commune à donner un libre cours à l'initiative individuelle ; 
Considérant d'autre part que les Agences particulières peuvent profiter des timbres d'affranchissement du Gouvernement de Versailles pour obtenir le transport de leurs dépêches dans Paris à titre gratuit ; 
Que la Commune est seule propriétaire du service des dépêches dans Paris, et qu'elle est en mesure de garantir ce service ; 
Sur la proposition du citoyen Theisz, membre de la Commune délégué à la Direction Générale des Postes, 
Le membre de la Commune délégué aux finances, 
Arrête :
Art. ler. - Provisoirement le transport des lettres pour les départements et l'étranger est autorisé sans prélèvement de la part de l'Administration. 
Art. 2. -Toutes les lettres affranchies, expédiées des départements et de l'étranger à destination de Paris, doivent être soumises à l'affranchissement de Paris pour Paris, quel qu'en soit le mode de transport et de distribution. 
Les lettres non affranchies seront soumises aux taxes ordinaires de Paris pour Paris.
Art. 3.- Les contrevenants aux présentes dispositions seront poursuivis selon les prescriptions des arrêtés du 27 prairial an IX, art. 5, du 19 germinal an X, art, 1, et de la loi du 22 juin 1854, art, 2I. 
Art. 4 - Le délégué de la direction des Postes est chargé de l'exécution du présent arrêté. 
Paris, le 26 avril 1871.

le Membre de la Commune délégué aux Finances, 
JOURDE.


Un arrêté du 26 avril 1871 autorise « provisoirement » le transport du courrier sans « prélèvement » de l’administration, ce qui montre aussi le pragmatisme d’une Commune qui n’a pas été « communiste ». En vertu d'un autre arrêté du 6 mai, l’administration postale permet  à des sociétés privées de « transporter de la correspondance » à partir du début du mois de mai. L'agence Prévost, l’agence Bruner, l'agence Moreau sont les plus actives et une trentaine sont créées dans la capitale. Concrètement, celles-ci, moyennant finance (avec une commission de 10 centimes par lettre et une autre taxe 15 à 25 cts selon le poids du pli à expédier), peuvent envoyer ou recevoir des correspondances. Elles ont pour mission de faire le lien entre Paris et la province, en passant généralement par les grands bureaux de poste restante de la proche banlieue, Vincennes  ou Saint-Denis. Ces agences se servent d’étiquettes portant le nom du dépositaire à Paris, à qui doivent être adressées les réponses et qui se charge de coller un timbre-poste sur la lettre, puis de la jeter à la boîte postale dans Paris. A Saint-Denis, les bureaux sont littéralement pris d’assaut. Pour éviter l’encombrement, on distribue des numéros d’ordre et les abords des bureaux sont des lieux de regroupement, dont profitent les cafés.

Gravure reproduite dans L'Histoire des timbres-poste français d'Arthur Maury (1907)

Exemple d'initiative privée, celle l’agence Moreau, en l'occurrence un papetier parisien qui a lancé un ingénieux mais éphémère système d'acheminement passant par les bureaux de Vincennes.

Etiquette de l'Agence Moreau  "SERVICE POSTAL/PROVINCE et ETRANGER", cachet séparé qui se collait à la patte de l’enveloppe d’achemineur. coll.part.

Enveloppe d'achemineur à 25cts, adressée à « Monsieur Ed. Moreau 10 rue Geoffroy  Marie », mise en vente dans les bureaux de poste et bureaux de tabac. Instructions d’emploi en haut à gauche. Le prix de 25 cts correspond à un deuxième échelon de poids (il existe des enveloppes à 15cts). Les lettres étaient retirées des enveloppes par l’agence et postée à Vincennes , avec une étiquette publicitaire de son « service postal ».coll.part.

Certaines agences émettent des vignettes postales comparables aux timbres-poste. C’est le cas de l’office Laurin-Maury qui associe le « transporteur » Laurin et le négociant Maury. Monsieur Lorin est en réalité un employé à la Gare du Nord et il effectue régulièrement le trajet entre Paris et St Denis. Il transporte les lettres que M. Arthur Maury, marchand de timbres 80, rue Saint-Lazare et éditeur du Collectionneur de timbres-poste se charge de collecter. L’Office Lorin-Maury a émis de « vrais » timbres qui sont utilisés partir du mois de mai : un 5c vert pour les imprimés, un 10c violet pour les lettres, un 50c rosé pour les chargements (recommandés), et les mêmes valeurs comme timbre-taxe, tous adhésifs uniquement dans la partie supérieure. Ces vignettes servent alors pour les correspondances de Paris vers la province. M. Lorin arrache et conserve la partie flottante et le haut du timbre reste collé sur le courrier. Les réponses sont adressées à son nom à St Denis en poste restante. L’agence colle alors un timbres-taxe et un timbre officiel de 10 centimes. Sur le timbre-taxe l’agence fait le calcul de la somme à percevoir. Une opération quelque peu complexe mais efficace. Des enveloppes avec timbres ronds en relief sont également imprimées, mais leur utilisation n’a pas été officiellement autorisée par Albert Theisz.


Affiche publicitaire pour l'agence Lorin. Musée de la Poste


Fragment de lettre de province pour Paris adressée à l’office LORIN-MAURY et distribuée par cette agence pendant le blocus de la Commune.  Cachet de Villiers sur Mer (GC 4326) et affranchissement à 20cts (type Bordeaux) le 21? mai 1871. L’enveloppe (préimprimée) est adressée à M.E.LORIN, ILE SAINT-DENIS (SEINE). Timbre-taxe L.M. collé par l’agence (avec décompte manuscrit de 20c à percevoir) et timbre officiel de 10cts  correspondant à la taxe additionnelle de Paris pour Paris. Les deux timbres ajoutés à Paris sont oblitérés du cachet C.IX (bureau C du 9ème arrondissement). coll.part.

Enveloppe préimprimée avec un timbre rond lithographié à 10c (Fluctuat nec mergitur), qui n'a pas été utilisée faute d'agrément de l'administration communale. coll.part.

Notons qu’Arthur Maury procédera à la réimpression de planches de ces timbres pour les éventuels collectionneurs (qui constituent son fond de commerce) mais elles n’ont qu’une valeur anecdotique. Cet Arthur Maury était tout de même un sacré personnage et l'un des premiers négociants de timbres-poste sous le Second Empire, éditeur dès 1864 de la revue Le Collectionneur de timbres-poste.



L’administration des Postes de Paris n'est donc plus - pendant la Commune - un monopole d'Etat ou même municipal puisque ces agences et offices sont mis en concurrence et font circuler le courrier, utilisant un réseau de passeurs plus ou moins fiables.  C’est une collection complexe, pour laquelle il est essentiel de bien identifier les cachets commerciaux, les cachets officiels, les timbres d’agences et le contenu du courrier. Il semble aussi - après 150 ans - impossible de faire des "découvertes" philatéliques majeures dans ce domaine.

Mais tout va rentrer dans « l’ordre » au mois de mai. Le 20 mai débute la répression versaillaise, restée sous le nom terrible de « semaine sanglante », tandis que le trafic postal revient progressivement à la normale à la fin du mois. Ce sera l’objet de notre 4ème partie.

Bertrand Lemonnier, avril 2021.

LIRE LA 1ERE PARTIE

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Le covid n'a pas dit son dernier mot et il n'a pas fini de bouleverser l'histoire du monde...on pourra donc (re)lire mon billet consacré aux grandes pandémies du XXème siècle (grippe espagnole, grippe de Hong-Kong) et réactualisé (malheureusement...) en 2021.


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