La COMMUNE DE PARIS (partie 2)

 

La période de la Commune (18 mars 1871-30 mai 1871) demeure passionnante sur le plan philatélique et aussi marcophilique (c'est l'étude des marques postales), à condition de se plonger directement dans "l'année terrible" et non dans les commémorations néo-staliniennes postérieures, celles du bloc communiste glorifiant l'événement (voir ici). Son étude demande de bonnes connaissances historiques générales, tout particulièrement chronologiques, afin de répérer sur le courrier d'époque les dates intéressantes. On peut juste regretter une fois de plus l'assez mince bibliographie sur le sujet: un mémoire de maîtrise d'Erwann Lécuyer, « L’administration des Postes durant la Commune de Paris», sous la direction d’Aimée Moutet, Paris XIII, 1998, un article du Musée de la Poste disponible en ligne ("Le trésor philatélique du trimestre", N° 15 – Deuxième trimestre 2005), un dossier de L'écho de la timbrologie de mai 2011 (No 1851) sur le service postal durant la Commune, un ouvrage de Georges Frischmann sur A.Theisz (Editions de la Fédération des Postes et communication, 1993). En réalité, tout courrier posté de Paris et/ou vers Paris pendant la Commune présente un véritable intérêt et doit être regardé avec la plus grande attention, à condition d'en trouver et avec des marques bien lisibles! N'oublions pas aussi qu'à cette époque on écrivait certes beaucoup mais la grande majorité du courrier était de nature commerciale (factures, quittances, commandes etc.).

Il est (était) toujours possible dans des "foires aux vieux papiers" et autres manifestations du même genre anté-covid de tomber sur une lettre postée à ces dates (18 mars-30 mai), mais cela reste très exceptionnel. Cela m'est arrivé UNE fois de découvrir une pièce majeure, non sur la Commune d'ailleurs mais sur la fin du siège (lire dans la partie 1 l'histoire étonnante des "sacs de riz"). Sur Internet (e-bay, Delcampe), il faut rester très prudent et de toute façon l'offre est très rare. Les ventes sur offres des maisons réputées (Roumet HP, Cérès etc), les ventes aux enchères sont évidemment plus sûres quant à l'authenticité des pièces mais il faut en payer le prix (fort) et ce n'est pas du tout mon but de collectionneur. Avec quelques dizaines d'euros et sans se ruiner, on peut encore collectionner des documents datant de cette période troublée.



AGENCE LORIN MAURY : Lettre en provenance d’AMSTERDAM affranchie avec deux 20c Yvert N°10 oblitéré gros points. Cad AMSTERDAM 23 Mai 71, distribuée dans Paris par  l’Agence privée qui a apposée le 10c additionnel ainsi que la VIGNETTE servant de timbre TAXE où figure le décompte manuscrit de la somme  à percevoir. Le tout oblitéré du cachet C.IX. Un exemple de "privatisation" de la distribution pendant le blocus.
Catalogue Yvert Spécialisé 1975, page 159.  C’est une des  pièces LES PLUS RARES concernant cette période de la Commune. Estimation  de la vente Piasa 2014 : 7 000 / 8 000 €, autant dire destinée à des collectionneurs fortunés.

Pour résumer la situation en des termes simples, la Commune n'est pas qu'une guerre civile de nature politique et sociale ; elle est aussi une guerre de la communication et de l'information entre les deux camps opposés, Communards et Versaillais, ces derniers dirigés d'une main de fer par Thiers. Le gouvernement de Versailles, qui a signé l'armistice avec la Prusse et prépare la paix, veut à tout prix éviter que la propagande communarde ne se propage hors de Paris, d'autant que le mouvement communaliste a aussi touché la province en 1870/71. A l'inverse, la Commune se méfie de la presse versaillaise et de toute information qui vient de la banlieue ou de la province. Le cinéaste britannique Peter Watkins a très bien montré dans sa Commune de Paris (2000), en utilisant les anachronismes de la radio et de la télévision, à quel point l'événement fut "médiatique" autant que militaire, avec la presse et les imprimés de toute nature. La guerre des journaux mais aussi du courrier est déclarée : elle va durer deux mois et demi ! En avril, le blocus postal sera quasi total : le courrier n'entre plus dans la capitale et ne sort plus par les voies classiques, pas même par les ballons du siège, devenus inopérants. L'enjeu est aussi celui de conserver le matériel d'imprimerie, indispensable à l'information du public et à la fabrication des billets et des timbres-poste. Dès  le 18 mars, avant même que l’Hôtel de Ville soit cerné, l’Imprimerie nationale est envahie par le 86e bataillon de fédérés de la Garde nationale. Le personnel admistratif va la déserter mais pas les ouvriers, qui restent majoritairement dans les lieux. Entre le 19 mars et le 25 mai, la production de l’Imprimerie nationale se limite quasiment aux affiches: en 68 jours, 399 affiches sortent de ses presses, soit une moyenne de 5 à 6 affiches par jour! En revanche, la Commune ne réquisitionne pas la banque de France, ce que déplorent tout à la fois Karl Marx et Prosper-Olivier Lissagaray dans son Histoire de la Commune (1876) : "la Commune ne voyait pas les vrais otages qu’elle avait sous la main : la Banque, l’Enregistrement et les Domaines, la Caisse des dépôts et consignations, etc"



1. Les prémisses de la Commune : le mouvement communaliste.



Le mouvement communaliste n'est pas spécifique à Paris. Après la défaite de 1870, les événéments se précipitent en province, comme le rappelle cette chronologie proposée par le site des "Amis de la Commune" : des communes sont notamment proclamées à Alger (contre le gouvernement militaire), à Lyon, Saint-Etienne, Marseille, au Creusot, à Perpignan, à Narbonne, à Limoges (lire le livre de Jeanne Gaillard paru en 1971, communes de province). Jule Vallès espère que Paris et les villes insurgées parviendront à constituer « la grande fédération des cités républicaines » animée par le « courant magnifique venu de Paris », mais c'est une rapide désillusion. En dehors des affiches (ainsi celle de Lyon ci-dessus), il est difficile de trouver des documents philatéliques originaux sur ce mouvement politique qui n'est jamais parvenu à s'organiser contre le gouvernement de Thiers.



Timbre-journal à 2 centimes (type Empire), oblitération typographique sur Le contribuable de Rochefort (Charentes) du 17 novembre 1870 avec des slogans communalistes dont « La France libre par la commune libre ». La référence à l'article 75 du code pénal concerne le port d'arme ("Tout Français qui aura porté les armes contre la France, sera puni de mort. Ses biens seront confisqués"). coll.part.


2. La proclamation de la Commune

Le 18 mars 1871 marque le début de l’insurrection communaliste parisienne. Après l'échec de l’enlèvement des canons à Montmartre et Belleville par les Versaillais, la Garde nationale fraternise avec les insurgés. Les généraux Lecomte et Clément-Thomas sont fusillés. Les autorités évacuent Paris et le Comité central de la Garde nationale s’installe à l’Hôtel de Ville. Le 19 mars, c'est la proclamation de la Fédération de la Garde nationale et le Comité central annonce des élections communales. Bien évidemment, toute lettre parisienne comme provinciale datée du début de l'insurrection mérite le détour!


Lettre de Paris (Bureau du Ministère des Finances) pour Ploërmel (adressée au comte de Champagny) le 18 mars 1871, affranchie à 20 centimes avec un timbre à l'effigie de Napoléon III, premier jour de l’insurrection de la Commune. Cachet d’arrivée le 19 mars. coll.part.


Lettre d’Abbeville à destination de Paris affranchie avec un 20 centimes bleu foncé émission de Bordeaux. Cachet à date d’Abbeville (ville occupée par les Prussiens) le 18 mars 1871 (premier jour de la Commune). Le port de 20 centimes n’étant valable que jusqu’à la limite de la ligne de front, c’est le double affranchissement (20cts + 20 cts) qui est requis au-delà de la limite. Cette lettre - sans timbre complémentaire d’occupation à 20cts - a été remise à la poste allemande pour la fin de son parcours. Celle-ci se fait rémunérer le service rendu en percevant une taxe de 20 cents, matérialisée par l’apposition d’une griffe « TAXE ALLEMANDE » et d’un chiffre taxe de 2 décimes, au tampon. A l'intérieur de la lettre, cachet commercial d'arrivée le 20 mars 1871.coll.part.

Le 25 mars 1871, le Comité central de la Garde nationale annonce qu'il a terminé sa mission et notamment celle d'organiser des élections, qui doivent se tenir normalement le 26 mars. L'annonce est faite par voie d'affiches Les conseils aux électeurs parisiens pour choisir leurs représentants municipaux traduisent bien le souci de renouveler le discours politique dans un sens plus démocratique, privilégiant les candidatures issues du peuple. On peut lire tous ces débats dans le Journal Officiel de la République Française. Les élections du 26 mars ne concernent pas tous les Parisiens : nombre d'entre eux ont déserté la ville entre le 4 septembre 1870 et mars 1871, en particulier à l'ouest de la capitale. Le nombre des votants est de 230.000 et les résultats sont proclamés en public par le Comité central Place de l'Hôtel de ville, devant 200.000 personnes dont 20.000 Gardes nationaux. Il y a 85 élus des vingt arrondissements, dont la liste des noms est prononcée, suivie d'allocutions et de chants révolutionnaires. Des débuts plutôt festifs qui rappellent un peu l'atmosphère de février 1848...mais sans les Prussiens aux portes de Paris. 

coll.part.



Citoyens (...) Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux.
Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne considèrent que leurs propres intérêts et finissent toujours par se considérer comme indispensables.
Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l'action ; ils sacrifieront tout à un discours, à un effet oratoire ou à un mot spirituel.
Évitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère.
Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du Peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue.
Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c'est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter.

Affiches de l'imprimerie nationale. A partir de la cinquième série – à l’exception des n° 6,7 et 29 – les affiches sont toutes numérotées, avec en bas les mots « Imprimerie nationale » et la date. De plus, du n° 34 à la fin, chaque affiche porte un numéro d’ordre en tête, à gauche et à droite, encadrant les mots « République française. Liberté – égalité – fraternité. Commune de Paris ». Cette numérotation des affiches officielles permet de déterminer au premier coup d’œil qu’elles viennent bien de l’Imprimerie nationale. Les tirages varient de 1000 à 6000 exemplaires et sont de formats très divers (des grandes affiches murales aux tirages format 22*30 environ). coll.part

3. Vers le blocus postal

L'insurrection de la Commune de Paris va perturber fortement le service postal Paris-Province de mars à mai 1871. Du 18 mars au 30 mars, le service est à peu près "normal" dans les deux sens même si le courrier reste assez peu abondant entre Paris et la province. Le 31 mars est décrété par le gouvernement de Versailles un blocus postal de Paris, sur lequel nos reviendrons dans une prochaine chronique (au mois d'avril). A compter de cette date, lettres, mandats, imprimés ne doivent sortir ou entrer dans la capitale insurgée et les sacs de dépêches sont saisis dès leur sortie. Ce ne sont plus les Prussiens qui bloquent le trafic postal mais les autorités françaises installées à Versailles. Et il n'est plus possible d'utiliser cette fois des ballons, des pigeons-voyageurs ou des cylindres hermétiques plongés dans l'eau de la Seine! "Trois jours après la proclamation de la Commune, rappelle Bertrand Sinais dans Timbres-Magazine (mars 2021), les aéronautes Gabriel Mangin et Louis Mutin-Godard ramènent à Paris une trentaine de ballons qui devaient servir aux observations militaires pour découvrir les mouvements de l’ennemi, c’est-à-dire des Versaillais » mais ils ne pourront être utilisés et cela malgé les compétences de Félix Nadar. Or la Commune sans la Poste n’a plus de moyens concrets de communiquer et ainsi de rallier à elle d’autres mouvements insurrectionnels communalistes, sans parler des opérations financières qui ne passaient pas en 1871 par des canaux numériques! Une poste paralysée, c'est au XIXème siècle un Etat paralysé. A défaut, Nadar envisage « de dissiper les malentendus entretenus par les Versaillais entre la Commune et la province » par l’envoi de « ballonneaux » – des petits ballons en papier – chargés de tracts de propagande semés aux quatre vents…

Bloc-feuillet émis par phil@poste en 2020 sur le célèbre photographe (et aérostier) Nadar

Albert Theisz, élu du XIIe arrondissement de de tendance socialiste-révolutionnaire et ouvrier ciseleur, a été nommé directeur général du service des postes par la Commune, avec comme adjoint Jean-Batiste Mauvière, qui va s'occuper de la poste parisienne. Parallèllement, Lucien Combatz est nommé directeur des Télégraphes, remplacé le 24 mars par Jean Pauvert. Theisz se présente à l'Hôtel des postes de la rue Plâtrière (le "bureau central" de l'hôtel d'Armenonville qui sera remplacé par celui de la rue du Louvre dans les années 1880) le 20 mars pour prendre ses fonctions mais il est confronté à Germain Rampont-Léchin, le directeur des postes nommé le 6 septembre 1870, lequel assure "qu'il restera fidèle à la Commune". Theisz a d'abord confiance car Rampont n'est pas un réactionnaire : médecin de formation, il fut chef de l'opposition libérale à Louis-Philippe, ne se rallia pas à l'Empire et fut élu député en 1869 puis en février 1871 à la gauche de l'assemblée. Pendant le Siège, c'est lui qui organisa tout le service des aérostats et des pigeons voyageurs (lire le précédent billet). Albert Theisz hésite donc sur la marche à suivre et demande l'avis de la Commune qui met quelques jours à répondre. Mais Rampont est bien décidé à trahir la Commune, tout en ralliant une grande partie du personnel des postes à l’administration de Versailles. En effet, il fait apposer dans la nuit du 29 au 30 mars une affiche anonyme qui ordonne à tous les employés des Postes de rejoindre « dans les plus brefs délais » l’administration régulière.

Rampont s'enfuit finalement le 30 mars à Versailles avec la caisse (200 000 francs selon le journal versaillais Le Gaulois), et toutes les planches de timbres (quelques unes seront retrouvées par la Commune en avril à l'Hôtel de la Monnaie, ce qui permettra des tirages de certaines valeurs). Il s'adresse à tous les fonctionnaires sous ses ordres leur enjoignant de rejoindre Versailles avec le numéraire et les valeurs en leur possession.  À Belleville, le receveur est arrêté au moment de son départ et doit rendre son sac rempli de numéraire. À l'Hôtel des postes, le 80e bataillon de fédérés investit les lieux au moment où des postiers s'enfuient avec ce qui reste de valeurs. La Commune confirme alors Theisz dans son poste. Celui-ci fait apposer, à la place des affiches incitant à rejoindre Versailles collées partout à l'Hôtel des postes et dans les bureaux, plusieurs textes, d'abord une "adresse aux citoyens" expliquant la désertion de Rampon et la nécessaire réorganisation du service postal, ainsi qu'un texte de loi datant de 1854 qui rappelle "qu'aucun agent ne peut s'absenter sans une autorisation". Finalement, un grand nombre de postiers de la "base" (791) rejoignent leur travail. Comme le rappelle Erwann Lécuyer (« L’administration des Postes durant la Commune de Paris », travail de maîtrise sous la direction d’Aimée Moutet, Paris XIII, 1998, 104 pages) "la tâche d'Albert Theisz fut considérable car il dut pallier au manque important de personnel et de matériel. Les sources, comme le Journal Officiel ou les archives de l’armée de Terre, dégagent un grand nombre de mesures engagées par la Commune pour tenter de rallier le service des Postes. En effet, A. Theisz dut procéder à un important appel à l’embauche et à des remaniements au niveau du personnel restant pour combler les carences de certaines parties du service. Cependant, si le service postal fut amélioré, il ne permettait toujours pas de répondre à toutes les attentes de la population. Certains services ne fonctionnaient pas et ne pouvaient pas être améliorés. L’opération des mandats, notamment si chère aux acteurs économiques de la capitale, ne pouvait pas s’effectuer. Ainsi, ni les commerçants, ni les industriels ne pouvaient réaliser les transferts d’argent et de valeurs vers les départements et l’étranger."




photographie d'A.Theisz (coll.Musée de la Poste)

Citoyens,
Un fait inouï vient de se produire. Un service public relevant directement des citoyens et qui ne pouvait excuser son privilège que par la garantie qu'il devait assurer dans toutes les relations commerciales a été indignement sacrifié à des questions d'intérêt purement politique. Le service des Postes est, depuis quelques jours, systématiquement désorganisé par ceux qui avaient accepté le mandat de le diriger.  On a privé Paris de toute communication avec la Province, sans se soucier des intérêts qu'une semblable résolution a compromis à la veille de l'échéance d'avril .A qui incombe la responsabilité d'un pareil acte ? Nous en appelons à la conscience publique.  Dans une première entrevue, M. Rampont, ex-directeur général des Postes, actuellement en fuite, nous avait demandé l'envoi de deux délégués choisis par le Comité central de la Garde Nationale pour contrôler sa gestion jusqu'à ce que la Commune, dont il reconnaissait l'autorité, fût régulièrement constituée. Cette proposition, qui nous parut de nature à écarter tout malentendu entre républicains, devait être prochainement soumise à la Commune. Sans tenir compte des engagements pris, il ne voulut pas attendre, et, le 30, dans la journée, la Commune fut instruite que toutes les dispositions étaient prises pour interrompre le service des Postes à Paris. M. Rampont, engagé par sa parole, par sa proposition, a abandonné furtivement son poste, et un ordre anonyme, affiché dans les cours de l'hôtel, a imposé aux employés de quitter immédiatement leurs fonctions. Les faillites, la ruine que cet acte pouvait provoquer, peu importe ! Le peuple de Paris n'a échappé aux malheurs d'un long siège que pour se trouver investi brutalement par ceux-là même qui se proclament les mandataires de la France. Les faits que nous avançons défient tout démenti. Que la responsabilité retombe sur ceux qui ont recours à ces manœuvres criminelles. Quant à nous, nous ferons tous nos efforts pour réorganiser le service postal et nous sommes convaincus qu'avec le concours de la population parisienne, il sera promptement rétabli dans l'intérieur de Paris.   Signé Albert Theisz,  Paris, le 31 mars 1871.

Sur le plan philatélique, les lettres postées ou reçues entre le 19 mars et le 29 mars n'ont d'autre valeur que celle qu'on peut attribuer à la période d'instauration de la Commune avant le blocus et au contenu éventuel de la lettre. En effet, beaucoup de plis conservés  sont des factures commerciales, des quittances et assez peu (parmi les plis qui n'ont pas disparu) parlent de la situation politique de mars 1871. En revanche, c'est nettement plus intéressant lorsque l'on aborde les dates de début du blocus fin mars.

coll.part.


Lettre de Paris pour la Côte d'or postée le 23 mars 1871 (cachet Place de la Madeleine). Le destinataire reçoit la lettre le lendemain : le trafic postal demeure ouvert même s'il est plus réduit en raison de la situation.

Lettre datée du 19 mars 1871 (lendemain de la proclamation de la Commune). Cachet de Paris (rue Montaigne) du  21 mars 1871. Affranchissement à 30cts (Empire lauré 20cts + 10cts) pour l’île de Wight (Angleterre). Cachet arrivée du 23 mars. Texte en anglais très intéressant sur les débuts de la Commune. coll.part.


Lettre de Paris (La Villette) pour le Coteau (Loire), envoyée le 31 mars 1871, 1er jour du blocus postal complet. La lettre est tout de même sortie de Paris avec une oblitération de fortune (croix à la plume), faute de matériel. (A noter qu'entre le 18 mars et la mi-avril, il y a une forte pénurie de timbres-poste, en particulier pour le port local). Arrivée à destination le 6 avril. coll.part.


Lettre de Richelieu pour Paris. Cachet du 31 mars 1871 (1er jour du blocus postal de Paris). Affranchissement à 20cts (type Bordeaux). Tentative d’entrée dans Paris, où la lettre n’est pas probablement pas parvenue (pas de cachet d’arrivée au verso ni dans la lettre ou alors après la Commune). coll.part.

 


 



 


 

 

 

 



 


 

 

 

© 2021.